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15 février 2008 - Condamnation de la mention 2340.fr
 
L’Association Nationale de Prévention de l’Alcoolisme (ANPAA)
fait interdire un message de prévention en se servant de la loi Evin

 

Paris, le 15 février 2008 – En obtenant le 13 février dernier la condamnation de la mention www.2340.fr qui figure sur les publicités en faveur des boissons alcoolisées, au motif que cette mention n’est pas prévue par la loi Evin, l’Association Nationale de Prévention de l’Alcoolisme vient d’utiliser la loi pour faire interdire un message de prévention essentiel pour tout consommateur.

 

Cette mention a été volontairement ajoutée par les principaux producteurs dans leurs publicités depuis l’été dernier. Cette initiative, une première en Europe, avait été préalablement présentée aux autorités de santé et aux associations (dont l’ANPAA, qui y avait même apporté des modifications). Elle a été saluée par la plupart d’entre elles et n’a rencontré aucune opposition depuis.

 

La mention www.2340.fr incite les consommateurs de boissons alcoolisées à se rendre sur un site d’informations dans le but de leur faire connaître les seuils[1] de consommation à moindre risque définis par un comité d’experts de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ces seuils sont d’ailleurs depuis plusieurs années au centre des campagnes d’information conduites par les autorités sanitaires françaises.

 

« Nous sommes consternés par cette instrumentalisation de la loi qui n’a plus rien à voir avec la lutte contre l’alcoolisme » déclare Alexis Capitant, Directeur général d’Entreprise & Prévention. « Dans un pays où huit Français sur dix sont consommateurs et sont pour 80 % des petits et moyens consommateurs, les priver de ce repère simple et pratique pour minimiser le risque est incompréhensible », ajoute-t-il.

 

Rappelons qu’en 2007, seulement un tiers des Français connaissent les seuils de consommations au-delà desquels le risque pour la santé augmente significativement pour les hommes. Encore plus inquiétant, près d’un tiers cite un seuil trop élevé pour les femmes comme pour les hommes.

 

Entreprise & Prévention et les différentes organisations professionnelles partenaires[2] de l’initiative www.2340.fr étudient actuellement les moyens de continuer à communiquer sur les seuils de consommation à moindre risque dans le respect de la décision de la Cour d’Appel de Paris.

 

Depuis sa mise en service en juillet 2007, le site www.2340.fr a reçu près de 85 000 visites dont 36 000 pour le seul mois de janvier 2008. Une étude réalisée fin 2007 auprès des internautes a montré qu’il intéressait notamment les consommateurs les plus fréquents ; 56 % des internautes déclarent qu’ils seront plus vigilants sur leur consommation d’alcool après leur visite. Le site est enfin clairement identifié comme étant créé par les producteurs de boissons alcoolisées mais son rôle est parfaitement compris puisque 97 % des visiteurs estiment qu’il a pour objectif de « rendre les gens responsables par rapport à leur consommation d’alcool ».

Cet épisode judiciaire fait suite aux condamnations de plusieurs quotidiens (Les Echos, Le Parisien) sur plainte de l’ANPAA pour des articles jugés favorables aux boissons alcoolisées. De telles condamnations dépassent manifestement la volonté du législateur. Elles posent à nouveau la question du droit d’ester en justice confié par l’Etat à des associations dont le but n’est pas toujours de servir l’intérêt commun mais leurs propres thèses, en l’occurrence une posture morale et prohibitionniste de plus en plus radicale.



[1] Les seuils de consommation à moindre risque ont été définis par un groupe d’experts de l’OMS en 1980. Ils sont utilisés depuis dans de nombreux pays pour informer les consommateurs de boissons alcoolisées des quantités à ne pas dépasser et des circonstances dans lesquelles il convient de s’abstenir. Soit pas plus de : 2 unités d’alcool par jour pour les femmes, 3 pour les hommes, 4 dans le cadre des consommations occasionnelles festives et 0 au moins un jour par semaine et dans certaines situations à risque.

 

[2] Brasseurs de France, Fédération Française des Spiritueux, Fédération Française des Vins d’Apéritif, Bureau National Interprofessionnel du Cognac, Interprofession des Appellations Cidricoles

 

Contact presse

GCI – Groupe Grey / Solenne Moutier

smoutier@gci-grey.com / Tel : 01 49 70 43 38

 

 

 
 
 
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